Mise en demeure pour loyer impayé : guide du propriétaire
Votre locataire ne paie plus son loyer ? Guide complet : mise en demeure, délais, commandement de payer, procédure d'expulsion. Modèle de lettre inclus.
Quand envoyer une mise en demeure ?
La mise en demeure est la première étape formelle en cas de loyer impayé. Elle doit être envoyée dès que le retard de paiement est avéré et que les relances amiables (appel, SMS, email) n'ont pas abouti.
En pratique, la plupart des propriétaires envoient une mise en demeure après 15 à 30 jours de retard. Il n'y a pas de délai légal minimum, mais agir trop vite (avant l'échéance du mois) serait prématuré, et attendre trop longtemps affaiblirait votre position.
La mise en demeure a une double fonction : elle formalise votre demande de paiement avec une date certaine, et elle constitue une preuve indispensable si vous devez ensuite engager une procédure judiciaire. Sans mise en demeure préalable, un juge pourrait considérer que vous n'avez pas cherché de solution amiable.
Que doit contenir la mise en demeure ?
Pour avoir une valeur juridique, votre mise en demeure doit contenir plusieurs éléments obligatoires.
L'identification complète des parties (propriétaire et locataire), l'adresse du bien loué, et la référence du contrat de bail. Le décompte précis des sommes dues : loyers impayés mois par mois, charges, et éventuellement pénalités de retard si le bail le prévoit.
Un délai de paiement raisonnable (8 à 15 jours est la norme), et la mention explicite qu'à défaut de règlement dans ce délai, vous vous réserverez le droit d'engager les poursuites judiciaires appropriées.
L'envoi doit impérativement se faire par lettre recommandée avec accusé de réception. C'est la preuve de la date de réception qui fait courir le délai que vous accordez.
Si le locataire ne paie toujours pas
Si le locataire ne réagit pas à votre mise en demeure dans le délai imparti, l'étape suivante dépend de ce que prévoit votre bail.
Si le bail contient une clause résolutoire (c'est le cas de la quasi-totalité des baux d'habitation), vous pouvez faire délivrer un commandement de payer par un commissaire de justice (ex-huissier). Le locataire dispose alors de 6 semaines pour régler sa dette. Passé ce délai, la clause résolutoire est acquise et le bail est résilié de plein droit.
Si le bail ne contient pas de clause résolutoire, vous devez saisir le tribunal judiciaire pour demander la résiliation du bail et l'expulsion. La procédure est plus longue.
Dans tous les cas, vous devez signaler l'impayé à la CAF si le locataire perçoit une aide au logement (APL/ALF/ALS). La CAF peut déclencher un protocole d'aide au maintien dans le logement.
Les aides et protections à connaître
Avant d'engager une procédure coûteuse, explorez les dispositifs d'aide existants.
La garantie Visale (Action Logement) couvre les impayés de loyer jusqu'à 36 mois pour les baux qu'elle garantit. Si votre locataire en bénéficie, contactez Action Logement pour activer la garantie.
Si vous avez souscrit une assurance loyers impayés (GLI), déclarez le sinistre dès le premier impayé. L'assureur prendra en charge les démarches et les frais de procédure.
Côté locataire, le Fonds de solidarité pour le logement (FSL) peut accorder une aide d'urgence. Vous pouvez orienter votre locataire vers l'ADIL (Agence départementale d'information sur le logement) de votre département pour qu'il soit accompagné.
Enfin, rappelons que la trêve hivernale (1er novembre au 31 mars) interdit toute expulsion effective, mais n'empêche pas d'engager ou de poursuivre la procédure judiciaire pendant cette période.
Questions fréquentes
Combien de temps attendre avant d'envoyer une mise en demeure pour loyer impayé ?
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La loi ne fixe pas de délai obligatoire. En pratique, la plupart des propriétaires envoient une mise en demeure entre 15 et 30 jours après l'échéance impayée. Avant cela, privilégiez les relances amiables (appel, SMS, email) qui suffisent souvent. Agir trop tôt (avant l'échéance complète du mois) serait prématuré et fragiliserait votre position. Attendre plus de 60 jours, à l'inverse, peut être interprété par un juge comme une tolérance qui rend votre demande moins légitime. La mise en demeure est l'étape clé qui formalise votre démarche : sans elle, aucune procédure judiciaire ne pourra aboutir efficacement.
Quel délai accorder dans la mise en demeure ?
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Le délai usuel est de 8 à 15 jours, à compter de la réception du courrier (date de l'AR signé). C'est suffisant pour permettre un règlement de bonne foi tout en restant raisonnable juridiquement. Un délai plus court (moins de 8 jours) pourrait être jugé abusif. Un délai trop long (plus de 30 jours) affaiblit votre démarche et retarde la procédure. Mentionnez explicitement la date butoir dans votre courrier (« vous disposez de 15 jours à compter de la réception de la présente pour régulariser, soit avant le [date] »). Cette précision facilite la preuve devant un juge.
Que se passe-t-il si le locataire ne paie pas après la mise en demeure ?
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Si le bail contient une clause résolutoire (cas standard pour les baux d'habitation), vous pouvez faire délivrer un commandement de payer par un commissaire de justice (ex-huissier). Le coût est de l'ordre de 80 à 150 €. Le locataire dispose alors de 6 semaines pour régler. Passé ce délai, la clause résolutoire est acquise : le bail est résilié de plein droit et vous pouvez saisir le tribunal pour faire constater la résiliation et demander l'expulsion. Sans clause résolutoire, vous devez assigner directement au tribunal judiciaire — la procédure est plus longue (6-12 mois en moyenne).
Peut-on expulser un locataire pendant la trêve hivernale ?
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Non, l'expulsion physique d'un locataire est interdite entre le 1er novembre et le 31 mars (article L.412-6 du Code des procédures civiles d'exécution). Mais la procédure judiciaire peut continuer pendant cette période : commandement de payer, audience, jugement d'expulsion. Seule l'exécution effective (intervention du commissaire de justice avec la force publique) est suspendue. La trêve ne s'applique pas aux squatteurs ni aux occupants sans droit ni titre depuis le début. Conséquence pratique : engagez la procédure dès maintenant même en hiver, vous gagnerez 4 à 5 mois.
La garantie Visale peut-elle prendre en charge les impayés ?
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Oui, si votre locataire a souscrit Visale (garantie gratuite Action Logement réservée aux moins de 30 ans, salariés précaires et étudiants). Visale couvre jusqu'à 36 mois d'impayés sur la durée du bail, dans la limite des plafonds de loyer. En cas d'impayé, contactez Action Logement dès le premier mois pour activer la garantie. Action Logement vous indemnise et se retourne ensuite contre le locataire. Si vous avez souscrit une assurance loyers impayés (GLI) à titre privé (1,5 à 4 % du loyer annuel), déclarez le sinistre dès le premier impayé : l'assureur prend en charge les démarches et les frais.
Faut-il signaler l'impayé à la CAF ?
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Oui, c'est obligatoire si votre locataire perçoit une aide au logement (APL, ALF, ALS). La déclaration doit être faite dans les 2 mois suivant la constatation de l'impayé, via le formulaire CAF dédié (ou directement par votre espace bailleur en ligne). Sans signalement dans les délais, vous perdez le bénéfice du tiers payant et ne pouvez plus encaisser directement l'aide. La CAF peut alors déclencher un protocole d'aide au maintien dans le logement avec le locataire (plan d'apurement de la dette), qui suspend la procédure d'expulsion mais protège votre créance. C'est une démarche dans votre intérêt, pas une formalité administrative.
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